L’Inde, un territoire en développement bien qu’inégalitaire
Tout d’abord, l’Inde connaît une évolution démographique majeure depuis plus d’un siècle. En effet, le taux de natalité et de mortalité s’élevaient respectivement en 1901 à 49‰ et 43‰. Cependant, selon les projections de l’ONU, ils sont envisagés à 11‰ et 6,3‰ en 2050.
Par ailleurs, la population indienne augmente fortement depuis 1901. En effet, celle-ci était de 238 millions d’habitants, tandis qu’elle est en 2019 de 1,3 milliards. Selon l’ONU, l’Inde sera peuplée de plus de 1,660 milliard personnes en 2050.
De surcroît, la population Indienne est répartie inégalement sur le territoire. En effet, certaines villes comme Delhi ou Mumbai concentrent plus de 15 millions d’habitants. Ces villes sont également le centre du PIB indien, avec plus de 3 580$ par habitant pour la capitale de New Delhi. En outre, le PIB par habitant moyen en Inde est de 2 256$. En parallèle, des villes comme Bangalore ou Kolkata concentrent moins de richesses mais possèdent toujours une forte densité démographique. En effet, avec 8 à 15 millions d’habitants, ces grandes villes ont un PIB par habitant inférieur à 1 500$. Ces grandes villes concentrent des emplois et sont ainsi prisées par la population indienne en quête d’une meilleure vie. La densité de population peut alors s'élever jusqu’à 26 900 habitants par km² avec une population se concentrant surtout dans le Nord-Est du pays, selon Géoconfluences. Les opportunités potentielles peuvent être alors plus nombreuses dans ces villes surpeuplées.
De plus, les populations sont également mal réparties à plus petite échelle. En effet, les villes elles-mêmes sont le théâtre de grandes inégalités spatiales. Des quartiers d’affaires voisins à des bidonvilles sont ainsi une vue quotidienne en Inde. L’insalubrité et la pauvreté face à la luxure et l’abondance.
En outre, l’inégale répartition des habitants est indiquée également par l'espérance de vie moyenne dans chaque État du sous-continent. En effet, l’Inde a une espérance de vie moyennant les 69 ans. L’Uttar Pradesh, situé dans le nord, est l'État indien où les habitants ont l'espérance de vie la plus basse du sous-continent, 65 ans. D’autre part, l’Etat du sud de Kerala est celui où les habitants vivent le plus longtemps, avec une espérance de vie de 75.2 ans.
En parallèle, les urbains ont également des espérance de vie différentes en fonction de leur État en Inde. En effet, l’Uttar Pradesh est également un État avec l’espérance de vie la plus basse pour les urbains avec une vie moyennant les 68.5 ans. L'État de Himachal Pradesh a la moyenne nationale la plus haute en matière d’espérance de vie pour la population urbaine, étant de 77.1 ans. Néanmoins, la population rurale est la plus touchée par une espérance de vie basse. Toujours dans l’Etat d’Uttar Pradesh, la vie moyenne des ruraux est la plus basse, 63.9 ans.
A Kerala, l’espérance de vie des ruraux est la plus élevée avec, en moyenne, 75.3 ans de vie.
Cependant, malgré ces inégalités, l’espérance de vie augmente dans tout le pays grâce aux avancées médicales, à l’amélioration des conditions de vie, de l’hygiène ainsi que de l’alimentation. En effet, celle-ci, en Inde, passe de 41 ans en 1960 à 70 ans en 2020. Ainsi, le vieillissement de la population, à l’instar des pays les plus développés et mondialisés, n’est pas encore attendu pour l’instant dans le sous-continent. Selon la publication géographique Géoconfluences, “les moins de 25 ans resteront plus nombreux que les plus de 65 ans jusqu’en 2078 au moins”.
Par ailleurs, la croissance économique de l’Inde est exponentielle depuis ces 17 dernières années. En effet, avant 2007, le PIB par habitant indien était de 189$ en 1980 à 950$ en 2006. En 17 ans, le PIB par habitant est passé de 1 238$ à 2 256$ actuellement. La croissance économique de l'Inde a ainsi grandement impacté sa population et sa rémunération.
Néanmoins, la croissance économique de l’Inde a des limites. En effet, les bidonvilles ont pris une grande ampleur depuis ce dernier siècle dans les métropoles et grandes villes indiennes. L’exode rural des populations les a amenées à construire des logements rudimentaires, loin des prix bien trop élevés dans les autres quartiers des villes. En quête d’emplois, les populations ont demeuré dans les différents bidonvilles devenus des quartiers à part entière des grandes métropoles. Aujourd’hui, ces quartiers-bidonvilles sont aménagés au mieux afin de faire disparaître l’insalubrité de ces habitats petit à petit, tout en répondant aux besoins du logement. Le quartier-bidonville Dharavi à Mumbai a connu ces évolutions. En effet, le plus grand bidonville d’Asie concentre depuis les années 1960 plusieurs activités telles que le recyclage des plastiques ou d’aluminium jetés à Mumbai et des ateliers de poteries. Selon Radio France, le chiffre d'affaires de cette usine en plein air s'élèverait à 500 millions d’euros chaque année. Ainsi, entre 1995 et 2002, la métropole a mené une politique de relogement moderne dans le bidonville. Dharavi est un lieu d’habitat permanent pour près de 700 000 habitants. Les inégalités socio-spatiales sont alors omniprésentes à Mumbai et dans bien d’autres villes et pays sur le globe.
En conclusion, l’Inde est aujourd’hui un pays intégré dans la mondialisation depuis 1991 bien que toujours inégalitaire. En effet, malgré les évolutions sociales, économiques et démographiques, le pays fait toujours face à de grandes inégalités en son sein. L’augmentation de la population peut renforcer les inégalités, les habitants en manque de travail sont alors victimes de grande pauvreté. Néanmoins, le développement économique de l’Inde offre plus de chances à sa population. Cependant, la pauvreté fait toujours partie intégrante du pays, comme le témoigne le quart de la population urbaine vivant dans des bidonvilles.
Dorénavant, attendons de voir ce que réserve l’avenir à ce pays plein d'atouts, qu’est l’Inde.
Image : https://academiesciencesmoralesetpolitiques.fr/2012/06/18/linde-developpement-economique-et-democratie-quelles-relations/
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